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Publié le par comiteposte

Elaboration collective du communiqué à la presse.

 

"Le comité pour la reconquête et la rétablissement  des bureaux de poste de monopole public a porté les 5000 premières signatures sur sa proposition de loi le 26 novembre 2008 à l’Assemblée Nationale. Le comité avait demandé audience a tous les groupes parlementaires.



Communiqué

Nous remercions le Député du Nord Jean-Jacques Candelier et Madame Marie-Line Raynaud, Députée des Charentes, qui ont permis l’accueil de Cette délégation.

 

La délégation, constituée par le Comité de Roquebrun pour le rétablissement des bureaux de poste, mandatée par 6000 élus signataires de la proposition de loi pour le rétablissement du monopole public de la Poste a été reçue ce jour, mercredi 26 novembre, à l’Assemblée Nationale par les représentants des groupes parlementaires G.D.R et P.S.

 

Elle a fait part du mandat qui est le sien : maintien et rétablissement des bureaux de poste dans les communes, rétablissement du monopole public postal, abrogation des directives postales européennes.

 

A la demande de la délégation, il a été répondu :

Par Monsieur Daniel Paul, Député PCF, que le dépôt d’un projet de loi prendrait du temps, et qu’il vallait mieux agir contre la privatisation prévue par le gouvernement.

Monsieur François Brottes, Député PS, a répondu que demander l’abrogation des directives européennes n’était pas dans la légalité des lois, et qu’il fallait demander un référendum contre la privatisation.

Monsieur Jean Jacques  Candelier a annoncé qu’il était prêt à accompagner le Comité auprès du Président de l’Assemblée Nationale, pour demander que le projet de loi soit déposé.

 

Conformément à notre mandat, nous avons rappelé :

Nous n’acceptons pas que des directives supranationales s’imposent aux représentants du peuple.

Nous demandons qu’il soit fait droit à la demande des citoyens, de leurs élus, et que soit respecté le mandat républicain des députés.

En conséquence, nous décidons de poursuivre notre mouvement pétitionnaire sur notre proposition de loi, d’appeler les élus à délibérer dans leurs conseils municipaux.

Nous nous adressons de nouveau aux groupes parlementaires pour qu’ils soutiennent notre démarche, et nous demandons audience au Président de l’Assemblée Nationale Monsieur Bernard Accoyer . D’ores et déjà, le Député Jean Jacques  Candelier demande audience avec nous.

Nous demanderons audience au Président de la République pour le même objectif.

Nous nous adressons aux partis politiques qui vont entrer en campagne à l’occasion des élections européennes, pour qu’ils prennent en charge notre proposition de loi dans les termes où elle a été contresignée par les élus, c'est-à-dire l’abrogation des deux directives européennes , et le rétablissement du monopole public de la Poste.

 

 

Arrivée de la presse.

 

Maryse Launais: Je suis heureuse d’ouvrir cette conférence de presse qui est commune entre le comité dit de Roquebrun et M. Jean-Jacques Candelier, député du Nord. Nous avons demandé, et c’était l’objet de la réunion avant cette conférence de presse, qu’il y ait une discussion avec les groupes parlementaires pour qu’on entende notre mandat, la proposition de loi signée par 6000 élus qui dit deux choses :

1° Abrogation des directives européennes postales,

2° Retour au monopole public de la Poste.

Nous avons eu un certain nombre de réponses. Ce que je voulais dire, c’est que ce qui est extrêmement positif dans cette discussion, c’est qu’avec M. le député, Jean-Jacques Candelier, nous avons décidé de poursuivre cette action, de poursuivre pour que cette loi soit enregistrée et déposée et discutée à l’Assemblée nationale, et donc pour ce faire, une adresse commune de Jean-Jacques Candelier et du comité de Roquebrun a été écrite. Nous nous adressons au président de l’assemblée nationale pour qu’il nous reçoive. C’est une question de démocratie. Le communiqué de presse a été décidé conjointement par toute la délégation qui s’est réunie aujourd’hui.

 

Les journaux qui ont été invités nous posent la question : tous les journalistes de l’Assemblée nationale, les journalistes parlementaires ont été invités. J’ai moi-même appelé également les agences de presse, l’AFP, et je vois malheureusement qu’il n’y a pas grand monde pour venir écouter les représentants du peuple.

 

Lecture du communiqué à la presse puis lecture de l’Adresse de Mme Maryse Launay et M. Jean-Jacques Candelier au président de l’Assemblée nationale.

 

Jean Jacques Candelier: Je suis Jean-Jacques Candelier, député de la circonscription du Nord depuis le mois de juin 2007. Je succède à M. Georges Hage, qui m’a toujours dit : « Tu me succèderas, tu ne me remplaceras pas. » Donc je lui succède depuis juin 2007, et depuis juin 2007 je constate qu’ici, à Paris, au Parlement, on est en train de remettre en cause tous nos acquis. On a vu les retraites, on a vu la Sécu, on a vu le Code du travail, et les Services publics qu’on veut démolir, on veut casser, supprimer 160 000 fonctionnaires en 5 à 6 ans.

Donc l’Education nationale n’est pas épargnée du tout, il y a 11 200 postes supprimés, l’an prochain on vient de voter — j’ai voté contre bien entendu — 13 500 postes en moins et ensuite 40 000 dans les 3 années à venir.

Dans l’armée, c’est pareil, on supprime 54 000 postes dont 20 0000 civils, dans les années à venir, soit 8 à 9000 postes par an. Au niveau de la sécurité, dans la gendarmerie, c’est pareil, on supprime des milliers de postes, au niveau de la SNCF, au nom de la RGPP, c’est pareil, donc il faut détruire ces services publics qui remontent pour beaucoup à la libération. Et aujourd’hui, M. le président de la République veut supprimer tout cela et  tout ce qui est sorti de la Libération. Voyez le sort réservé à France Télécoms, à Air France, au Gaz de France, ça a été privatisé, il y a ouverture du capital, et là c’est ce qui va se passer, ensuite l’Etat sera minoritaire, puis il n’y en aura plus.

Maintenant ils veulent attaquer la Poste.

La Poste c’est un service public qui a fait ses preuves. La Poste ce sont des lieux de rencontre. Je suis maire d’un village de 1400 habitants, je sais que c’est un des lieux de rencontre. Sinon c’est le bistrot, car les magasins ont fermé, et il n’y a plus que ça.

Et je suis sûr qu’à Roquebrun il n’y a plus que ça aussi.

Ensuite qu’est-ce que c’est que le postier, il distribue le courrier, mais c’est aussi la personne qui discute avec les personnes âgées, qui leur rend des services, est le « complice » de certaines personnes âgées, et tout ça on veut le supprimer au nom de la rentabilité.

Nous, avec le Comité de Roquebrun, on dit non. On arrête. On veut garder notre service public.

D’autant plus que financièrement, ça ne doit pas poser de problèmes. La Poste a un chiffre d’affaire de 20 milliards et 240 millions de bénéfices.

Ce n’est pas négligeable, quand on sait que l’Etat a pris  sa « dîme » au taux de 15 %. Aujourd’hui pour garder le statut public de la Poste, il faut 3 milliards. On vient de garantir les banques et le système bancaire à hauteur de 380 milliards. Demain, on a beau me le dire dans l’hémicycle — M. Fillon me l’a déjà dit — : vous savez très bien que c’est une garantie, que ça n’ira pas plus loin. Demain il y aura un krach, et on sera obligé d’avancer 380 milliards ? Qu’est-ce qui se passera ? On sera obligé de répercuter sur les contribuables. Et ce sera l’Assommoir.

Il y a quelques jours, M. Sarkozy a créé un nouveau fond pour les industriels : 20 milliards. Et il n’y aurait pas 3 milliards pour le service public ? C’est une aberration. Donc continuons de lutter pour garder notre service public de la Poste.

Ensuite on n'était pas d’accord sur certains textes, je me suis mis d’accord avec eux, et lorsque j’ai voulu déposer la proposition de loi, on m’a dit au niveau des services : « On ne peut pas abroger, on ne peut que déroger ». Alors j’ai déposé un texte disant : « On demande la dérogation ».

C’est  pour cela que j’ai adapté mon texte, je ne suis pas du tout contre le texte de Roquebrun.

On m’a dit : on ne peut pas abroger les directives européennes.

Donc aujourd’hui il faut continuer le combat pour que les gens nous entendent et que les politiques essaient de regarder un peu plus ce qui se passe autour d’eux. Un jour j’espère que les gens prendront leurs responsabilités en mains, parce qu’aujourd’hui, on casse tout, il y a de plus en plus de misère, regardez le chômage, les gens qui se débrouillent avec le RMI. Ce sont des millions de gens dans la misère, Quand je prends le train, à la gare, il y en a qui sont sur le quai pour la nuit, etc. La misère est partout.

Aujourd’hui un jeune qui est cadre dans la Fonction publique, cadre C, il va chercher un « garni », une « chambre », il en a pour 900 euros. Comment voulez-vous qu’il vive ?

On nous dit c’est la loi du fric, il faut que les gens réagissent. A mon avis ils ne réagissent pas assez, parce que de l’argent, du « fric », il y en a. Voyez les entreprises du CAC 40, cette année, elles voient encore leurs profits augmenter malgré le krach.

 

Informations ouvrières (seul journal présent) : Il y a quelque chose que je ne comprends pas dans la réponse qui vous a été donnée par les groupes parlementaires : comment peut-on opposer le combat contre la privatisation, qui est parfaitement légitime, au retour au monopole postal, et donc l’abrogation des directives européennes. Quelle a été l’argumentation qui vous a été donnée ?

 

Jean-Jacques Candelier : On nous répond aujourd’hui qu’on ne peut pas abroger les directives européennes, on va pousser le bouchon plus loin, c’est tout. Juridiquement, on ne pourrait pas abroger. Je vais retourner le problème. On va voir. Et puis on va demander un RV avec le président de l’Assemblée, Bernard Acoyer, pour discuter avec lui de ce qui peut être fait dans l’intérêt de ce service public qui a fait se preuves, et qui doit rester.

 

Gérard Schivardi : J’ai enfin trouvé un député en France, et je le dis officiellement, pour les autres, ils n’ont comme perspective que les élections européennes, ils ne gouvernent plus, ils ne cherchent même plus à savoir ce que désirent les gens qui ont voté pour eux, je le répète, en attaquant la poste on attaque l’un des piliers de la République. Avec la mairie, l’école, la Poste est le troisième pilier de la République en France.

Les Françaises et les Français, au même titre que les maires, sont très attachés à ce service là.

Il faudrait que nos députés commencent à prendre conscience que s’ils continuent à voter des lois fabriquées pour notre pays par des gens non élus à l'Union européenne, cela a une signification très grave. La pétition du comité Roquebrun, nous la suivons, et nous faisons signer les élus sur un texte bien précis. Nous avons tout intérêt à continuer calmement, et à ce que les députés reprennent leurs fonctions de députés. Sinon malheureusement, l’Assemblée nationale n’a pas le droit d’exister en France et l’étape après, ...

On n’aurait  pas le droit de déposer un texte de loi. Vous avez vu ça où ? Où est la démocratie. Le texte demande qu’un texte soit étudié par les députés. Qu’ils prennent leur responsabilité de vote. Au moins qu’ils en discutent. Je me félicite que M. Candelier soit avec nous.

 

Je précise à la presse qu’aujourd’hui on est arrivé à 6000 signatures de tout bord, du PC à l’UMP et tout.

 

Maryse Launais : Les grandes leçons pour le Comité de Roquebrun, c’est qu’à partir du moment où on donne un cadre pour se battre, un cadre d’indépendance, comme cette proposition de loi avec ses deux articles pour l’abrogation des directives postales européennes et le retour au monopole public, des élus de toutes sensibilités politiques se sont inscrits dans ce cadre et ont contresigné

.Je voudrais (revenir) sur ce qui s’est passé hier devant et dans le congrès des maires de France où un maire est intervenu sur la base de notre mandat, et a expliqué cette initiative, que c’était bien le numérique mais qu’aujourd’hui tout disparaissait dans les communes, qu’il y avait une initiative qui était prise par un comité qui proposait une loi, et que cette proposition visait au retour au monopole public de la Poste et à l’abrogation des directives postales européennes, et qu’il fallait la signer, parce que c’était la seule manière de sauver nos postes dans toutes les communes de France. Il a été applaudi à tout rompre dans la salle. C’était déterminant.

Mais ce qui a été encore plus déterminant, c’est qu’ensuite ils se sont précipités sur nous qui étions en train de faire signer dehors dans un froid presque sibérien, 498 ont signé en mettant leur téléphone, leur adresse mail, parce qu’ils voulaient avoir le compte-rendu de ce qui allait se passer aujourd’hui auprès des groupes parlementaires. C’est révélateur de la façon dont le fait de donner un cadre nécessaire. Les élus, et  c’est la même chose, je pense, pour la population et les travailleurs en France, se mettent dans ce cadre pour combattre avec nous.

Je me réjouis qu’on ait cette  action commune : on va travailler la main dans la main avec Monsieur Candelier, pour que cette proposition de loi soit inscrite et discutée à l’Assemblée nationale, enregistrée.

Et nous irons jusqu’au bout. Comme je disais à M. Daniel Paul  qui tout à l’heure disait que c’était impossible, avant 1789, c’était aussi impossible qu’on ait la République et pourtant, après la deuxième guerre mondiale, dans une France exsangue, c’était bien impossible qu’on ait la Sécu, et on a eu la Sécurité sociale de 1945.

Aujourd’hui rien n’est impossible.

Nous devons, c’est une question de démocratie et de droit, récupérer nos bureaux de poste dans tous nos villages.

 

Fin de la conférence de presse à 16 heures

 

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